SPORTMAG, le magazine mensuel des sports - 104 : Novembre 2017

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En quoi consiste le sport sur ordonnance ?

La loi de modernisation du système de santé introduit la possibilité, pour les médecins généralistes, de prescrire une activité physique aux personnes souffrant d’une affection de longue durée (ALD). Cette mesure concerne 10 à 11 millions de Français atteints par exemple de diabète, de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, de sclérose en plaques ou de cancer. La prescription de l’activité physique sera faite sur un formulaire spécifique et s’adaptera à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical des patients en ALD. Elle pourra être dispensée par les professionnels de santé (masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens), les enseignants en activité physique adaptée ou encore les éducateurs sportifs.

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Santé

Le sport sur ordonnance UN ENJEU D'AVENIR

Depuis le 1er mars dernier, les médecins traitants ont la possibilité de prescrire la pratique du sport sur ordonnance. Destinée aux quelque dix millions de Français soignés pour une affection de longue durée, cette opération a déjà fait ses preuves dans plusieurs villes, et notamment à Strasbourg. Ville pionnière en la matière, puisque la capitale alsacienne a lancé ce dispositif en 2012. Reportage...

« Les études scientifiques montrent que l’activité physique - et pas seulement le sport - est un médicament pour les personnes atteintes de maladie chronique. Lorsque l’on est diabétique, hypertendu, obèse ou encore si l’on est atteint d’un cancer, la pratique physique va améliorer l’état de santé. Dans certains cas, cela permet également de diminuer la dose de médicaments. Le sport sur ordonnance a également un rôle préventif très important ». Les propos d’Alexandre Feltz ne laissent guère de place au doute. Adjoint en charge de la santé à la ville de Strasbourg, le médecin a initié en décembre 2012 le dispositif du sport sur ordonnance. Un programme essentiel dans la vie quotidienne de plus d’un millier de Strasbourgeois. « Plus de 1 500 personnes en ont bénéficié sur Strasbourg. Grâce à cela, ce sont plus de 300 médecins qui prescrivent régulièrement de l’activité physique. Les études ont démontré les bienfaits de ce dispositif, les retours sont très positifs ».


En quoi consiste le sport sur ordonnance


De multiples pratiques sportives…


Cathy Finck-Burger, qui souffre d’une affection de longue durée de pathologie cardiaque, fait justement partie de ces centaines de Strasbourgeois. « La rééducation cardiaque m’a mis les pieds à l’étrier, je me suis ensuite inscrite au dispositif de Strasbourg, qui est pionnière en la matière. Depuis début février, j’ai deux séances par semaine et, à côté de cela, je me suis également inscrite à une séance associative de méditation », explique la patiente, avant de poursuivre sur les bienfaits d’un tel dispositif. « De multiples pratiques sportives sont proposées. J’en tire énormément de bénéfices. Quand on dit que le sport est un médicament, c’est vrai. Grâce à cela, j’ai retrouvé un certain nombre de sensations que j’avais perdues. Mais surtout, j’ai découvert de nouvelles choses qui me procurent un équilibre entre le corps, le mental et le social ». Ce lien social, si précieux, et notamment vis-à-vis des personnes les plus vulnérables, est effectivement l’un des bienfaits les plus importants du dispositif lancé en mars dernier.


Le lien social, l’un des bienfaits du sport sur ordonnance…


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Des bienfaits psychologiques essentiels…


Car au-delà des souffrances physiques dont sont inévitablement victimes les patients, la dimension mentale est clairement un enjeu essentiel dans un processus de guérison. « De manière globale, l’activité physique améliore l’état de santé, mais également le moral. C’est une amélioration sanitaire, psychologique et sociale. Grâce à cela, certains patients retrouvent du lien, de la cohésion autour d’un groupe », explique Alexandre Feltz, rejoint dans ce constat par Cathy Finck-Burger. « Mentalement, le dispositif m’a beaucoup aidée. Cela me permet de moins stresser et, à ma grande surprise, d’avoir une meilleure mémoire. Au-delà de ça, le sport m’apporte beaucoup de plaisir et de la fierté. J’ai fait des progrès incroyables par rapport à ma pathologie et à la sédentarité qui s’était mise en place pendant plusieurs années. Et de cela, je suis très fière. Même si je ne suis pas une personne isolée, le lien social est très important. Partager une activité avec d’autres personnes d’horizons divers, c’est essentiel. D’autant qu’une vraie relation de confiance s’est établie avec les éducateurs sportifs ».


Alexandre Feltz : « L’activité physique améliore l’état de santé »


Laura Flessel, consciente de l’enjeu…


Tous ces enjeux, absolument fondamentaux à notre époque où la sédentarité est devenue une problématique nationale, sont parfaitement cernés au plus haut sommet de l’État. Initié sous le précédent gouvernement, le dispositif du sport sur ordonnance a été conforté par Laura Flessel, nouvelle ministre des Sports. « Je suis convaincue que le sport contribue à la santé de nos concitoyens, car faire du sport c’est prendre soin de son corps, c’est se soucier de son bien-être ». En déplacement à Strasbourg le 12 octobre dernier à l’occasion des deuxièmes assises européennes du sport santé sur ordonnance, la double championne olympique d’escrime a d’ailleurs rappelé son attachement à la problématique du sport santé. Un sujet également très important pour le Président Macron, dont l’objectif est de déployer prochainement 500 maisons du Sport et du Bien-être. « Nous ne partons pas d’une feuille blanche. De nombreux dispositifs existent déjà grâce au travail des nombreux acteurs impliqués sur l’ensemble des territoires, et je les encourage vivement à poursuivre leurs efforts. Nous devons nous inspirer de cette riche expérience de terrain pour aller plus loin au niveau national ».


Le sport sur ordonnance, un enjeu devenu vital pour la société…


Un dispositif voué à se développer…


Aller plus loin, c’est également l’ambition du docteur Alexandre Feltz. Malgré des premiers mois très réussis, le dispositif est désormais voué à évoluer, à se développer. « Il y a une loi, un décret et des textes d’application, mais le système n’est pas encore financé nationalement. Il faut désormais un financement et un mode d’organisation national », rappelle l’adjoint à la ville de Strasbourg, convaincu que l’investissement de l’État vis-à-vis de cette cause nationale est essentiel, doit être poursuivi, et même accentué lors des prochains mois. « La question n’est plus médicale, elle est structurelle et financière. Il faut que l’État, et notamment la Sécurité sociale, investissent sur le sport santé. Avec des interrogations évidemment sur le remboursement. C’est ce travail qui doit être mené ». Depuis plusieurs mois maintenant, le sport sur ordonnance a fait ses preuves, et notamment à Strasbourg. Très investie dans ce dispositif, la capitale alsacienne espère désormais que le programme qu’elle a initié pourra faire des émules dans les quatre coins de l’hexagone. L’enjeu est essentiel, vital même pour bon nombre de nos concitoyens. Le sens de l’histoire va clairement vers un développement de la pratique sportive. Ne laissons pas passer le train, l’enjeu est bien trop important…

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