SPORTMAG, le magazine mensuel des sports - 103 : Octobre 2017

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Biographie du ministre

Jean-Michel Blanquer est né en 1964. Parallèlement à la philosophie et aux sciences politiques, ses études de droit le mènent à l’agrégation et au doctorat. Professeur de droit, à Paris, Tours, Lille… il a ensuite alterné les postes au ministère de l’Éducation nationale, où il a été directeur adjoint de cabinet et directeur général de l’enseignement scolaire, et les fonctions de recteur (académie de Guyane puis de Créteil). Il était directeur général de l’ESSEC depuis 2013 quand Emmanuel Macron l’a nommé ministre de l’Éducation nationale en mai 2017.

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Éducation nationale

JEAN-MICHEL BLANQUER mise sur le sport

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, en charge de la jeunesse et de la vie associative, a reçu SPORTMAG dans son bureau de la rue de Grenelle. Il revient sur les orientations en matière de sport à l’école, annoncées lors de la Journée nationale du sport scolaire, le 27 septembre.

En cette rentrée 2017, quelle place accordez-vous au sport dans les apprentissages fondamentaux ?

L’école contribue à l'éducation et à l’épanouissement des élèves ainsi qu’à la transmission des valeurs. Les valeurs véhiculées par le sport (respect d’autrui et des règles du jeu, dépassement de soi) sont spontanément adoptées par les enfants, alors que ces mêmes valeurs, dans la société, sont parfois mises en cause. Les valeurs sportives ont donc leur place à l’école et celle-ci a la mission de les développer, pour le bien de la société. Conciliant plaisir et effort, le sport est un formidable vecteur éducatif. Il constitue, avec la culture, un pilier essentiel de « l’école de la confiance » que nous voulons.


Qu’est-il sorti de la Journée nationale du sport scolaire (JNSS) du mercredi 27 septembre ?

Depuis sa création, à travers des manifestations sportives et ludiques organisées dans les écoles, collèges et lycées, la JNSS a pour but de promouvoir le sport scolaire, de montrer le dynamisme de près de 2 millions d’élèves licenciés et d'attirer de nouvelles recrues. Cette année, nous avons pu bénéficier de la dynamique due à l’attribution des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Cette journée m’a donné la possibilité de partager avec l’ensemble des acteurs du monde sportif scolaire ce nouvel élan que je souhaite donner à la pratique du sport à l’école. Cet élan doit s’installer dès le plus jeune âge avec le développement de la pratique sportive dans les écoles et l’incitation plus forte à s’engager dans la vie associative dès le primaire au travers des associations sportives (AS). Le sport de haut niveau doit pouvoir prendre une place plus large en milieu scolaire. Les sections sportives scolaires, au nombre de 3 000 actuellement seront portées à 4 000. Enfin, les « métiers du sport » offrent des perspectives d’avenir pour les élèves. De nouvelles filières seront proposées aboutissant à la création d’un nouveau bacPro et des réflexions autour de diplômes post bac seront menées.


« Le sport est un formidable vecteur éducatif »


Seule une école du premier degré sur quatre est dotée d’une association sportive. Comment y remédier ?

Pour améliorer la situation, nous devrons mener des discussions avec l’USEP et les professeurs des écoles, responsables du sport scolaire à cet échelon. L’AS est obligatoire en collège et au lycée, mais repose sur le bénévolat en primaire. Par exemple, sur l’île de Saint-Martin, récemment dévastée par le cyclone Irma, la Journée nationale du sport scolaire a eu lieu, preuve de l’engagement des enseignants, malgré les circonstances dramatiques.


Vous avez annoncé un remaniement du bac à l’horizon 2021. Que deviendrait l’EPS au sein du nouveau dispositif ?

La concertation dans ce domaine démarrera à partir du mois d’octobre. Les professeurs d’EPS ont toujours été à l’avant-garde de la pédagogie. Ils ont une capacité particulière à penser le système scolaire. Le format actuel de l’EPS au bac, en contrôle en cours de formation, montre que cette discipline est prête à s’adapter aux changements auxquels on songe.


« La pratique du sport à l’école doit s’installer dès le plus jeune âge »


Comment comptez-vous développer les liens de l’école avec le mouvement sportif ?

Le programme du candidat Macron annonçait en effet un rapprochement des établissements scolaires et des clubs locaux. Avec l’aide du ministère des Sports, nous voulons approfondir ce lien. Il s’agit d’offrir plus d’opportunités aux élèves de fréquenter les clubs, notamment le mercredi et pendant les vacances scolaires, et ce, grâce à des incitations par exemple en leur offrant la première licence.


Quel rôle l’Éducation nationale compte-t-elle tenir dans l’organisation des Jeux olympiques de 2024 ?

Chaque ministère va nommer un référent auprès de la Délégation interministérielle à l’organisation des JO, l’Éducation nationale sera donc représentée. Nous pouvons profiter de cette candidature pour emmener tout le monde vers plus de sport. Les futurs champions olympiques de 2024 sont au collège et au lycée en ce moment ! L’olympisme et la culture olympique pourront être présents dans les outils pédagogiques. Paris 2024 offre une dimension plurielle : sport, santé, histoire, connaissance des pays… C’est aussi l’occasion de développer le civisme des élèves, de faire chanter la Marseillaise… Les professeurs d’EPS seront bien sûr en première ligne pour développer l’esprit olympique. C’est une véritable feuille de route sportive que nous allons développer, pour mobiliser et impliquer l’ensemble des établissements scolaires dans ce grand mouvement de jeunesse et de sport que la France va porter jusqu’aux Jeux olympiques de 2024.


Le ministre et le sport


Jean-Michel Blanquer est un fan et un pratiquant de sport. Il apprécie particulièrement le football et le rugby. Enfant, il a joué au ballon rond au PUC « à partir de la classe de CE1 » et a failli rejoindre le PSG lorsqu’il était minime, mais y a renoncé en raison de la longueur des déplacements pour aller s’entraîner… Aujourd’hui, il applique le « en même temps », cher au Président de la République, en soutenant à la fois le club de la capitale et l’Olympique de Marseille (celui-ci depuis le début des années 70), refusant une rivalité qui, dit-il, n’existait pas avant les années 80. Il a été un supporter assidu de l’OM des années 70, l’OM de Carnus, Trésor, Skobla…


« Rapprocher les établissements scolaires des clubs locaux »


L’Éducation nationale en chiffres


A la rentrée 2017, 12 385 800 élèves et apprentis - dont 6 806 400 élèves du premier degré - fréquentent les 62 600 écoles et établissements du 2nd degré publics et privés (51 300 écoles, 7 100 collèges et 4 200 lycées), encadrés par 884 300 enseignants.

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